A la recherche du troisième oeil

Sa mère était très belle dans sa jeunesse.
De peur qu'elle le quitte, Ernst perdit la raison.
Leur fils Kätzchen alla chez la tante Oppenheim.
À Vienne, elle chantait à l'Opéra, mais en Palestine,
elle mangeait des gâteaux à la crème dans un café
du bord de mer.
L'enfant ne savait pas où placer le miroir reflétant
l'univers. Il décida que ce qu'il reflétait était bien
réel. Il imagina une histoire où les démons
finissaient par mourir, et il se souvint que Max le
Hongrois était le roi de la mer. Il vit l'oncle Arthur
penché en avant, comme si l'oiseau au bout de sa
canne étendait les ailes et propulsait son grand
corps dans les airs. Suspendu entre ciel et terre,
Kätzchen aperçut la mer, et lorsqu'il retomba,
elle avait disparu. Il crut que c'était la mer qui
montait et apparaissait, descendait et disparaissait.
Les adultes ne comprennent rien à ce qui se passe
dans la tête des enfants. Kätzchen s'est forgé un
monde rien qu'à lui, où il invente et spécule sur les
images, les odeurs ou les langues. Jusqu'au jour
où, de nouveau seul, il doit oublier le murmure des
vagues de son enfance pour les terres du kibboutz.
Entre fantasme et réalité, Yoel Hoffmann nous
offre, avec À la recherche du troisième oeil , un
nouveau texte onirique et singulier sur les infinies
possibilités de l'enfant à dire le monde.