Gays et lesbiennes en Chine : actes des troisièmes assises internationales de la mémoire gay et lesbienne, Bibliothèque municipale de Lyon, 19-20 mars 2004

Après avoir fait l'état des lieux en France - pendant deux
années successives - tant au niveau de l'archivage que de
l'histoire, les Assises de la Mémoire Gay et Lesbienne sont
devenues internationales à partir de 2004. L'année de
la Chine en France nous a paru un bon prétexte pour
inaugurer cet inventaire mondial. Ce choix n'est pas
innocent lorsque l'on sait à quel point la notion d'interdit
colle toujours à l'homosexualité dans ce pays depuis des
lustres. Pourtant, au début de leur histoire, les chinois ne
considéraient pas la sexualité comme l'élément essentiel
de leur personnalité, et n'avaient pas établi de distinctions
fondées sur elle. Ainsi, tout en étant mariés chacun de son
côté, deux hommes ou deux femmes pouvaient parfaitement
s'aimer ! Si les plus anciennes mentions attestées de
l'amour pour le même sexe remontent à 534 avant Jésus-Christ
et sont désignées sous le joli terme de "pêche
partagée" , l'arrivée du christianisme - via les missions - au
XIX<sup>e</sup> siècle, puis du communisme au XX<sup>e</sup> siècle, fut fatale à
cet art de vivre. Les Chinois se mirent alors à considérer
leurs traditions comme passéistes et arriérées et dans leur
attitude vis-à-vis de l'homosexualité, ils adoptèrent en
bloc le puritanisme successif des missionnaires puis des
communistes. Aujourd'hui, dans l'ensemble de la société
- y compris chez les gays - une bonne part des chinois
considèrent l'homosexualité comme une fantaisie
d'étrangers et le sida comme une maladie d'occidentaux...