Au maître nu : Albert Vander

Le maître nu est Albert Vander à qui Stéphanette Vendeville
doit les fondements de son apprentissage du théâtre.
L'expérience au sein du département Théâtre du Centre
Expérimental Universitaire de Vincennes dans les années
soixante-dix donne sa lisibilité aux étudiants des générations
prochaines.
Les traductions que S.V. effectue du théâtre radical américain
de 1975 à 1980 participent de l'ébullition intellectuelle des
groupes de travail durant cette période, où les activités de
recherche, de création et d'enseignement sont intimement liées.
Ce parcours cohérent et innovant a su renouveler le questionnement
sur la pensée du corps dans l'expression théâtrale,
en relation avec le monde et dans une problématique de résistance
: l'expression gestuelle corporelle, la biomécanique, le
vocabulaire du mouvement, la création collective, l'improvisation,
le corps vivant en action, le corps des mots, la conscience
dansante du corps, la parole et le corps poétique, le corps virtuel
et le corps réel.
La narration théorise au fur et à mesure ses appuis, reliant
les événements sans les nouer. L'ouvrage puise son souffle dans
cette rencontre qui demeure comme un rouleau de quarante ans
de vis-à-vis avec l'événement théâtre éclairant tous les interstices
du passage.
La posture du récit servie ici par une écriture de l'essentiel
dans un dépouillement qui le mène parfois au seuil du minimalisme,
fait penser à l'idée du nu comme machine de guerre qui
ferait le geste de partager la sculpture d'un verbe.