Au fil des rues. Histoire et origine des rues de Lille

Ce livre à la main, il faut se réciter en les savourant, comme on fait ses délices d'une gaufre goûteuse, les noms truculents de certains lieux qui renvoient non à des personnalités, mais à l'histoire, à la tradition, à l'activité des petites gens: rue des Célestines, rue des Bonnes-Râpes, rue de la Clef, rue des Trois-Molettes, rue des Sept-Agaches, rue des Pénitentes, place aux Oignons...
Ce livre à la main, le nez en l'air, c'est la rue qu'il faut écouter. Les gins de ch'nord ont un accin , gai, gaillard, gouailleur, aussi gourmand que celui du sud est chantant. Oui, le patois est riche, sensible, précis et terriblement évocateur. Avec gramin de nuances. Pas une parelle ! Là où le français ne voit qu'une flaque d'eau, lui distinguera la gadoue , la berdoulle , la mollique. Dans la rue, il faut savoir argarder, arluquer, arvéter, miler, vir : cinq manières pour voir. Desrousseaux, Debuire du Buc, Vermesse et autres chansonniers ont ainsi canter avec tendresse, ironie - et combien de couleurs! - les choses de la vie. À mon tour, c'est en patois que je vais te déclarer mon amour, ô ma ville: «Lille, j'té quère!»
Préface de Guy Le Flécher