Astor, le riff de la rue

Astor, le riff de la rue
- Où allons-nous ? demanda la jeune fille.
- Le plus loin possible de ce quartier. Ces grosses maisons que tu vois, c'est là que vivent les riches.
- Nous allons chez les pauvres ?
- Chez les plus pauvres des pauvres. Dans la Zone. Cela ne disait rien qui vaille à Astor.
- On n'est pas bien, ici ?
- Dans la Zone, personne n'ira te dénoncer aux Swale. Avec un peu de chance, on arrivera à entrer dans un gang.
- Je ne veux pas faire partie d'un gang.
- Ah non ? Et pourquoi ?
- Je n'aime pas les gangs des taudis.
- On n'a pas le choix. Ce n'est pas possible de survivre seul, là-bas. Astor avait en tête une bonne douzaine d'arguments contraires, mais tous se résumaient à une objection criante : ces gangs ont tué mon père.
Et si les groupes de rock avaient été inventés au dix-neuvième siècle ? Et s'ils avaient changé le cours de l'Histoire ? Dans les taudis de Brummigham, en 1847, les gangs de parias inventent un nouveau genre de musique, une musique emplie de rythmes détonants et de guitares folles. Astor Vance, elle, a grandi bercée par les notes mélodieuses de la harpe et du piano. Mais peut-être que pour elle la seule manière d'échapper au destin de gouvernante qu'on lui impose et de survivre sera de jouer la musique des gangs...