Artistes et intellectuels du Sétifois

Artistes et intellectuels du Sétifois

Artistes et intellectuels du Sétifois
Éditeur: L'Harmattan
2013124 pagesISBN 9782343026213
Format: BrochéLangue : Français

À l'origine de ce travail, un fait divers : le refus de baptiser du nom de Kateb

Yacine un lycée dans la ville de Sétif. Veto dont personne n'a osé revendiquer

ouvertement la paternité. Mais personne n'est dupe quant à l'origine et à la

finalité d'un tel acte : les fameuses officines conservatrices, détentrices des

valeurs de nationalisme, sorte d'autorité morale paternaliste occulte qui ne

se manifeste que par les dégâts qu'elle occasionne, qui distribue les bons et

les mauvais points, que ces «brebis galeuses», que ce soit par leur itinéraire

et leur combat (Kateb, Benzine, Belamri, etc.) ou bien juste par leur existence

qui remet en cause la vision unitariste de notre culture (Aubry, Lentin,

Debèche, etc.), dérangent dans ses desseins. Desseins entamés déjà pendant

le mouvement national par des embusqués de toutes sortes, continués par

leur descendance idéologique. Cet anathème a donné ses fruits, et des plus

amers, dont ont eu à goûter Abane Ramdane, Amzal Kamel, Tahar Djaout...

et des centaines de milliers d'anonymes algériens.

Malgré nos appels rien n'a bougé. Le lycée porte toujours comme nom

celui d'une cité HLM qui le jouxte et lui fournit l'essentiel de ses élèves...

Encore un combat symbolique de perdu et une frustration de plus à caser

parmi tant d'autres dans nos coeurs. Une grande consolation, pourtant, les

élèves de cet établissement, sans se soucier des formalités administratives,

n'appellent plus leur lycée que «Lycée Kateb Yacine».

D'où ce recueil : hommage (de ma part et de celle des chercheurs qui ont

bien voulu y contribuer) à ces figures intellectuelles et artistiques du Sétifois

(Sétif et sa région).

Certes, la plupart ont acquis une notoriété internationale, mais je crois

que cela ne signifierait rien à leurs yeux si chez eux, sur cette terre qu'ils

ont portée partout avec eux, dans leurs écrits et leur discours, on permettait

qu'on bannisse jusqu'à leur souvenir. Et en ce sens, je ne pouvais, tant que

j'en avais la possibilité, me dérober à mon devoir de contribuer à leur «rendre»

ce qui leur appartient.

Larbi Rabdi

Ce livre est proposé par (0) membre(s)
Ce livre est mis en favori par (0) membre(s)