Arthur, Keu et l'initiation

Les auteurs médiévaux se plaisent à présenter le roi Arthur comme un personnage passif, pivot d'une société idéale réunissant la «fleur de chevalerie», centre immobile autour duquel gravite toute prouesse.
Le Chevalier au Papegau , roman du XV<sup>e</sup> siècle, bouleverse cette vision. Dans ce récit d'«enfances», le jeune roi quitte la cour pour partir à la conquête d'un nom et d'un renom, à la recherche de lui-même. La réussite des épreuves chevaleresques n'est que le commencement de l'initiation d'Arthur: il devra sans cesse reconquérir la Souveraineté, en allant jusqu'à engager plus d'une fois sa propre personne dans l'Aventure.
Double «noir» du grand roi, Keu sert de «révélateur». Le grincheux sénéchal à la mauvaise langue cache un personnage clef au coeur de l'initiation royale. Envisager le personnage d'Arthur en couple avec Keu permet d'explorer les aspects les plus complexes de cette initiation.