Année du Maghreb (L'), n° 13. Pratique du droit et propriétés au Maghreb dans une perspective comparée

Dans les mondes musulmans, l'étude du droit et des institutions
judiciaires peine à se défaire de la référence à l'islam. Cette
survalorisation du référent islamique, qui s'accompagne de
nombreuses erreurs d'interprétation, est d'autant plus forte
que des acteurs politiques revendiquent l'application de «la
sharî'a islamique», mouvements islamistes et gouvernants
finissant par s'aligner sur un même registre de discours.
Ce numéro de L'Année du Maghreb procède à une étude
du droit dans les sociétés maghrébines, en opérant des
comparaisons avec d'autres espaces africains, comme le
Soudan. Il questionne ainsi les relations du droit à l'islam, en
dressant une série de constats qui se fondent sur les acquis
de l'anthropologie du droit. Soucieux de combler le déficit
d'attention accordée à cette question, les chercheurs ici réunis
tentent de substituer à l'anthropologie du droit musulman
une anthropologie du droit dans les mondes musulmans en
se donnant un objet précis au coeur du droit : la propriété, le
contrat qui la constitue et sa transmission.
À travers une ethnographie du droit de la propriété et de
son transfert, ce numéro permet d'identifier en contexte et
à l'oeuvre les gens impliqués dans ces activités. Il vise aussi à
montrer combien, dans les pratiques quotidiennes, le référencement
à l'islam s'avère occasionnel. Loin d'y être subordonnée,
la dynamique du droit s'en affranchit largement.