Alissia Lone

Étienne Éthaire prend le lecteur aux tripes. Et au sexe. Son deuxième
roman confirme une trash-attitude qui consiste à planter un décor en
huis-clos, puis à y installer une atmosphère étouffante par la maîtrise
d'une langue sèche et rigoureuse. La méthode rappelle cette phrase de
Catherine Breillat : «Le cru, c'est la manière de se mettre la réalité en
face. C'est l'émotion, c'est une émotion vraie».
Une crique déserte. Un pavillon isolé sous la canicule. Même les nuits
sont moites, écrasées d'une chaleur accumulée qui fait tourner les
têtes. Alissia Lone, reine de l'audimat, passe ses vacances à Port-Aden.
Elle traîne ses insomnies en de longues balades dans la ria. Une
nuit de lune presque pleine, elle croise trois hommes en overdose de
testostérone. Face à la bestialité masculine, Alissia Lone s'accroche à
la vie. Sa vie passée. Sa vie future, peut-être.