Dans la bataille ou la tempête : jonques armées et vedettes fluviales du RICM

Bien que la guerre d'Indochine ait inspiré un grand nombre
d'auteurs et suscité une multitude d'ouvrages la relatant,
peu ont été écrits sur l'extraordinaire flottille de jonques
armées du RICM, ni sur l'escadron de vedettes fluviales, qui
en est le direct successeur.
C'est d'autant plus surprenant que celui-ci est, encore
aujourd'hui, l'une des très rares unités élémentaires de
l'Armée de Terre, avec le 4<sup>e</sup> escadron du 1<sup>er</sup> REC, à avoir été
distingué par l'attribution de deux citations à l'ordre de
l'Armée.
Aussi, quelques anciens des vedettes ont-ils voulu réparer
cette injustice et combler cet oubli, et ont-ils cherché à
rassembler tous les témoignages leur permettant de
raconter l'histoire de cette unité atypique d'un régiment
d'élite, écrite dans le delta du Fleuve Rouge, pendant près
de cinq ans.
Dans la bataille ou la tempête est le fruit de cette
recherche.
On y sent passer le souffle de l'épopée, avec les aventures
du «Marsouin» ou du «Squale» aux ordres du lieutenant
de Menditte.
On y souffre avec les hommes du sergent Bruder cherchant
à s'extirper de la sanglante embuscade du «rocher Notre-Dame».
On y sourit et l'on y rit franchement aux récits de
«l'opération bouteille», de «l'attaque du poste des
chanteuses» ou du contentieux avec l'ONU, déclenché par
le «la Grandière».
On y vit, avec le peloton du lieutenant de Sesmaisons au
milieu des habitants de Dong Lam.
On y applaudit aux exploits du Lieutenant Marconnet, chef
de peloton de légende.
La mort de Govin et de Pierrel témoigne de l'aspect
implacable des combats dans la rizière.
La «désertion» du 2<sup>e</sup> peloton rappelle enfin la déchirure
qu'a constitué le cessez-le-feu de juillet 1954, pour ceux des
vietnamiens qui avaient fait le choix d'être nos compagnons
d'armes.
L'histoire de l'escadron de vedettes du RICM méritait
d'être contée. Elle constitue un témoignage unique pour le
7<sup>e</sup> escadron, qui en a repris les traditions.