Art et liberté dans l'idéalisme transcendantal : Kant et Schiller

Notre monde actuel est dominé par le complexe des sciences, de la technique,
de l'industrie, de l'économie, etc., complexe qui devient toujours plus impératif
et s'étend comme processus au travers du globe tout entier. C'est donc lui qui
compte aujourd'hui, puisqu'il s'occupe du «réel». Mais nous ne pouvons pas
trouver satisfaction à ne faire que suivre ce processus ; nous cherchons quelque
chose d'«autre». Or, l'art est précisément une instance en mesure de nous ouvrir
à cet autre. Selon sa détermination première et fondatrice chez Platon, l'art
est de l'ordre de l'apparence (fántasma) qui se distingue du «réel». Il nous libère
ainsi de la prédominance du réel et nous emporte bien vers un ailleurs. C'est
la philosophie de l'Idéalisme transcendantal qui, à l'époque moderne, thématise
le rapport entre art et liberté. Kant pense la beauté propre à l'oeuvre d'art comme
symbole de notre liberté suprasensible pratico-morale ; Schiller la voit comme
symbole de notre liberté esthétique, proprement humaine.
Après l'exposition de la problématique de l'art à l'époque contemporaine, l'ouvrage
donne d'abord un aperçu sur l'histoire des positions majeures de la philosophie
de l'art à partir de sa fondation à l'Antiquité grecque jusqu'à l'époque moderne et
contemporaine. Ayant montré par là la continuité et les mutations du statut de
l'art dans cette histoire, il présente ensuite le statut de l'art chez Kant et chez Schiller.
Il contribue ainsi à penser de manière approfondie le sens de l'art aujourd'hui.