Patrimoine fluvial : canaux et rivières navigables

Si la navigation intérieure commerciale est
encore active sur certains de nos fleuves,
le monde des canaux a connu en quelques
décennies une vraie mutation. Conçu à l'origine
pour le transport des marchandises, il est
aujourd'hui essentiellement mobilisé par la navigation
de plaisance. Cette extraordinaire infrastructure
territoriale, peut-être même la plus
vaste d'Europe, forgée du début du XVII<sup>e</sup> au début
du XX<sup>e</sup> siècle, est donc appelée à s'adapter à
une fonction nouvelle.
Il s'agit bien en effet d'un patrimoine, par la
qualité de ses ouvrages d'art, par la beauté
de ses paysages et de ses alignements d'arbres,
et surtout par la mémoire de ses activités
disparues. Voilà pourquoi il convient de le protéger,
de le restaurer, au même titre que les monuments
historiques.
La sauvegarde des canaux soulève des problèmes
particuliers, car elle ne suppose pas seulement
l'entretien des édifices mais aussi celui des
machines hydrauliques. Un canal, ses écluses,
ses déversoirs, ses maisons éclusières,
ses ponts, ses souterrains, ses plantations
d'alignement, ses rigoles d'alimentation et
ses barrages-réservoirs ne peuvent survivre que
s'ils sont en eau. Ce qui explique que leur utilisation
et leur réutilisation, notamment par la navigation
de plaisance, sont absolument vitales.
Si le pont-canal de Briare et les écluses du canal
du Midi ont une notoriété qui dépasse nos frontières,
le patrimoine fluvial reste largement
à explorer. Souvent loin des villes, en dehors des
grands itinéraires routiers, il est par essence
un patrimoine caché. Cet ouvrage nous aide à
découvrir les charmes de ses tracés au gré
des reliefs et des vallées sinueuses d'une France
parfois méconnue.