L'avers et le revers

À travers maintes péripéties et de folles équipées, sous le
règne d'Henri III puis d'Henri IV, Pierre de Siorac, noble
provincial et huguenot, a connu une ascension qu'il doit à son
intelligence des hommes, son intrépidité et sa clairvoyance.
Côtoyant les plus grands du royaume, et vivant au plus près
les douloureux événements de l'Histoire de France, comme la
Saint-Barthélemy ou l'assassinat d'Henri III, il a confié dans
ses Mémoires ( Fortune de France ) les tours et détours de sa
vie, montrant le regard d'un noble épris de justice, luttant
pour la paix religieuse, sans concession pour les ennemis de
celle-ci, si nombreux en ces temps incertains et cruels.
Dans son ombre, Miroul, le fidèle serviteur, l'a suivi
partout, témoin attentif des grandes et des petites actions,
compagnon de tous les jours, confident des doutes et des
espoirs. Fils de paysan, larron un temps à la suite du
massacre de sa famille, Miroul lève ici le voile sur la prime
jeunesse de Pierre de Siorac, les années ô combien décisives
où le caractère s'ébauche et se forge dans le meilleur métal,
au château de Mespech dans le Périgord noir, sous la tutelle
du père, le flamboyant baron Jean de Siorac.
Dans cet univers encore féodal où s'agitent maîtres et
domestiques, nobles et manants, et malgré l'admiration et la
tendresse qu'il voue à son jeune maître, Miroul porte haut
une parole qui est le plus souvent inaudible, celle des petites
gens, celle de ceux qui n'ont rien et qui courbent l'échine
sous la dureté de leur état.