Civitas confusionis : de la participation des fidèles aux controverses doctrinales dans l'Antiquité tardive (début IIIe s.-c. 430)

Civitas confusionis : de la participation des fidèles aux controverses doctrinales dans l'Antiquité tardive (début IIIe s.-c. 430)

Civitas confusionis : de la participation des fidèles aux controverses doctrinales dans l'Antiquité tardive (début IIIe s.-c. 430)
Éditeur: Editions Nuvis
2017405 pagesISBN 9782363670328
Format: BrochéLangue : Français

En 1776, dans le premier tome de son Histoire du déclin et de la chute de

l'Empire romain , Edward Gibbon identifiait dans une homélie de Grégoire De

Nysse , donnée à Constantinople en 383, un témoignage exemplaire de la passion

des masses chrétiennes pour les disputes théologiques à la fin de l'antiquité, une

passion que l'historien anglais jugeait, avec causticité et scepticisme, futile et

dangereuse. Il citait le prédicateur : « Des hommes nés d'hier et d'avant-hier, des

gens dédiés à de viles activités, des théologiens improvisés qui dogmatisent, peut-être des esclaves qui ont subi le fouet et qui ont fui le travail servile, se piquent de

philosopher sur des choses incompréhensibles. Vous n'ignorez nullement de qui

je veux parler. Partout, la ville est remplie de telles gens, les rues, les places, les

avenues, les quartiers, les tailleurs, les changeurs, les épiciers. Demandez qu'on

vous change de la monnaie, on vous entretiendra de l'engendré et de l'inengendré.

Enquérez-vous du prix du pain, on vous répondra que le Père est le plus grand, et

que le Fils est inférieur. Informez-vous si le bain est prêt, on vous montrera que le

Fils a été créé de rien ».

Cet ouvrage entend, tout en abandonnant résolument le terrain de la polémique

idéologique ou confessionnelle, recapturer l'intuition historiographique de

Gibbon pour explorer, avec toutes les ressources des sciences historiques d'aujourd'hui, les ressorts de cette capacité reconnue et revendiquée de mobilisation

de tant d'énergies intellectuelles (autant que physiques) pour la défense de

convictions dogmatiques. Il s'agit de réexaminer les controverses doctrinales

entre chrétiens dans l'antiquité tardive comme un phénomène de masse, et non

pas seulement, à l'instar de maintes histoires des dogmes, comme un affrontement de lettrés. Jamais sans doute dans le monde antique, en tout cas à une

aussi large échelle, des débats que les contemporains pouvaient considérer

comme relevant souvent de la sphère philosophique, quelle que soit l'appréciation

portée sur leur niveau ou leur qualité, n'ont été autant popularisés. À ce titre les

controverses doctrinales entre chrétiens tiennent une place d'importance dans ce

que le grand historien italien Santo Mazzarino (1916-1987) a proposé de

dénommer « la démocratisation de la culture » dans l'antiquité tardive.

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