Sciences de la société, n° 91. Mille réseaux : réticularité et société

On ne disconviendra pas que les réseaux sont aujourd'hui omniprésents.
Mais on précisera qu'ils le sont avant tout dans nos discours : réseaux
informatiques, socio-numériques, relationnels, professionnels, entreprises
en réseau, réseaux économiques, financiers, liens et réseaux sociaux...,
tout n'est que réseau, réductible à la notion de réseau. Son avènement le
confirme, la science des réseaux ouvre à ces universaux - physiques, biologiques,
sociologiques... - que sont les réseaux, tissés des interactions qui
y sont à l'oeuvre. Bien avant le numérique, Saint-Simon, pionnier d'une
philosophie des réseaux, plus tard les courants interactionnistes, ou même
Georg Simmel et son interactionnisme social, auraient-ils eu raison quand
ils insistaient sur la dimension interactionnelle de l'action, et par là réticulaire
de la société ? Pour certains, la société ne serait-elle alors que réseau ? Ou
bien encore, tous les réseaux ne seraient-ils pas sociaux ? Non pas qu'ils
soient le social, mais parce qu'ils le construisent ? Là où d'autres
objecteront que les réseaux - quels réseaux ? - ne font ni ne façonnent en
rien le social...
Dès lors, parce qu'une telle approche épistémologique et transdisciplinaire
ne l'exclut pas, l'avènement desdits «réseaux sociaux» - plus exactement
réseaux socio-numériques - pourra être intéressant, parmi d'autres
questionnements.