(Bé)vues du futur : les imaginaires visuels de la dystopie (1840-1940)

Aujourd'hui inscrite au coeur des cultures télévisuelle et
adolescente, la dystopie possède une histoire riche pourtant
méconnue. Cette forme d'expression qui mêle projection
dans le futur et vision critique d'une société révèle les
enjeux majeurs des époques qu'elle a traversées. Explorer ses
caractéristiques visuelles sur un siècle, de 1840 à la Seconde
Guerre mondiale, permet d'observer les lignes de forces d'un
imaginaire central dans la littérature et les arts. L'imaginaire
dystopique ne touche pas seulement à l'iconographie. Il
concerne aussi les ressources textuelles de la description,
la circulation transmédiatique des fictions et la définition
même d'un univers souvent improprement qualifié par les
étiquettes de fantastique et de science-fiction.
Ce volume collectif abondamment illustré offre un aperçu
chronologique empruntant ses approches à l'analyse de texte,
à l'étude de l'image fixe ou animée, à la sociologie des auteurs
et de l'édition, ainsi qu'à l'histoire des représentations.
Il se centre sur les aires d'expression française, qui ont
leurs propres spécificités, distinctes des réalisations anglo-saxonnes.
Envisageant tant les oeuvres paralittéraires que
celles d'avant-garde, il met à l'honneur une production
foisonnante, encore peu étudiée : de Souvestre à Bartosch,
sans oublier Henriot et Robida, de l'eschatologie biblique
à la poétique des ruines de la ville moderne, en passant par
l'archéologie rétrofuturiste et l'imaginaire des fourmis.