Le cheval dans les croyances germaniques : paganisme, christianisme et traditions

Quelle était la place du cheval dans le paganisme des Germains, et comment les croyances relatives à cet animal ont-elles évolué dans l'Occident chrétien et dans les traditions allemandes ?
Le cheval se distingue des autres animaux dans les rites et les mentalités germaniques : double de l'homme, mais aussi forme des puissances, il constitue un lien entre leurs deux mondes, ce qui le définit comme animal sacré. La diversité de ses rôles - il est notamment un génie de la fécondité, un démon de la mort, l'instrument de transes chamaniques et le masque de rituels initiatiques - renvoie à sa fonction fondamentale qui est d'incarner le cycle vital cosmique, que son sacrifice régulier vise à entretenir.
La christianisation a combattu ce rite (par l'interdiction de l'hippophagie) comme celui de l'offrande funéraire du cheval, parallèlement à l'élimination progressive de l'animal réel hors de la sphère religieuse (défilés, rogations à cheval). Le cheval symbolique des clercs est ambivalent : tandis qu'il est plutôt associé au péché dans leur prédication ( exempla ), sa valorisation est le plus souvent positive dans leurs bestiaires mystiques.
Si les pratiques post-médiévales conservent la croyance aux vertus apotropaïques et bénéfiques du cheval (importance de l'organothérapie notamment), les mémorats ( Sagen ) en retiennent en revanche une image sombre et négative.
Sur la très longue période, c'est l'association du cheval avec la troisième fonction indo-européenne qui domine dans l'espace germanique.