Contes de Pékin

Contes de Pékin fait écho à la tragédie de l'époque maoïste ; mais
qu'il n'y ait ici aucun malentendu : il ne s'agit pas d'expériences
personnelles, ni de récits vécus. Sur cette époque terrible, il existe déjà
une très riche littérature de témoignages avec laquelle Contes de Pékin ne
cherche nullement à rivaliser, et c'est là d'ailleurs que résident son mérite
et son originalité. Ma Sen a une connaissance profonde du monde qu'il
décrit, mais le fait qu'il ait lui-même vécu toute cette période hors de
Chine confère à son regard une remarquable distance poétique - et,
comme le disait Simone Weil, «la distance est l'âme de la beauté».
L'horreur se trouve transfigurée ici en réalité féerique, la tragédie est
peinte avec une mélancolie narquoise.
(Extrait de la préface.)