L'hurluberlu ou La philosophie sur un toit

Révulsé par une société qu'il juge débile et décervelante, le personnage
de ce livre assume sa réputation d'hurluberlu :
«Comme le monde serait ennuyeux si on se contentait de
le prendre au pied de la lettre ! J'ai toujours pensé qu'il fallait
dépayser les choses pour se dépayser soi-même.» Il le
fait ardemment, avec la conscience ironique et aiguë d'être ce
qu'il est, un rêveur philosophe en rupture avec les routines
sociales.
Pendant quelque temps, il vit sur le toit d'un immeuble parisien
où il installe un matelas mousse, un duvet, un réchaud à
gaz et quelques livres dans une caisse en guise de bibliothèque.
«Ma parole, je crus bien avoir trouvé ma vraie place dans
cette vie.» Sa compagne Janina, son ami dadaïste Getty, le
professeur Schuzmeyer directeur d'une clinique psychiatrique,
et divers personnages de rencontre dont le pittoresque alimente
sa bonne humeur, lui fournissent la clé de sa philosophie : «Un
individu qui ne revendique pas sa nature profonde de clown
est perdu pour moi. Car il y a pire que le clown, il y a l'homme
sans lucidité intérieure.»