Rousseau-Henriette... : correspondance, 1764-1770

Au printemps de 1764, alors qu'à la suite de la publication
d' Émile , il est réfugié à Môtiers, dans la principauté de Neuchâtel,
Jean-Jacques Rousseau reçoit une longue lettre signée du seul
prénom d'Henriette. Elle sera la première d'une série de cinq
que cette inconnue - son identité demeure aujourd'hui encore
un mystère - adressera au philosophe. Par trois fois, Rousseau
répondra à Henriette. Pour que Jean-Jacques, qui fait profession
de détester la contrainte épistolaire, fasse l'effort d'une réponse,
il fallait que les lettres de l'anonyme se recommandent par
quelque trait qui les distingue de la masse des sollicitations dont
le philosophe, à ce moment de sa vie, est accablé. Aussi font-elles
partie des plus importants écrits épistolaires d'un siècle qui
a porté l'art de la lettre à son sommet.
Connue des seuls spécialistes, cette brève correspondance
n'a jamais connu d'édition séparée depuis 1902. Il est grand
temps de rendre accessible la plume et les éclats de la pensée
d'Henriette, de faire lire les énoncés qu'elle arrache au philosophe
car ces huit lettres constituent l'un des plus fulgurants échanges
épistolaires des Lumières.