La révolution des réseaux : la collaboration solidaire comme alternative post-capitaliste à la mondialisation

Comme un héros de la tragédie grecque, le capitalisme a vécu son
épopée. La qualité qui l'a fait triompher est la même que celle qui
a amené sa dissolution.
Le mouvement d'accumulation et de réinvestissement, à la
recherche des meilleurs taux de profit, a conduit à un maximum de
concentration entre les mains d'une centaine d'hyper-conglomérats
multinationaux. Ceux-ci, grâce à la robotisation, à l'informatique
et aux biotechnologies, sont chaque jour moins dépendants du travail
humain, et réalisent progressivement un profit plus important en
écrasant la concurrence, en baissant les coûts et en perfectionnant
constamment les marchandises.
Cette logique de concentration a cependant pour effet que le marché
de consommation pour acquérir ces produits est chaque fois plus
restreint, et qu'un volume toujours moindre de revenus est distribué
sous forme de salaire. Ceci engendre une multitude d'exclus, dont
le potentiel de travail ne s'intéresse déjà plus au capital.
Le capitalisme est ainsi en train de créer les conditions de son
propre dépassement.