La traversée du temps perdu : parcours-spectacle : d'après les correspondances, journaux intimes, livres de compte et de raison, objets usuels, meubles, gravures, dessins conservés par une famille au XIXe siècle

Des femmes du M.L.F éditent..
La traversée du temps perdu.
« ... Filles nées et demeurées dans cette tombe tiède, la maison ; garçons voués au vaudeville tragique de l'Histoire, vampirisés par ses anecdotes, annulés par ses lois (qui leur livrent les femmes) : rencontre impossible des sexes, malgré les rites, les contrats. Femmes exclues de la parodie, du récit truqué de l'Histoire, hommes piégés dans ses carcans et qu'ils ont fabriqués eux-mêmes, à leurs propres mesures - c'est tout cela qu'assument les rêveries d'Agélie, celles de Nélida.
Leur univers, Simone Benmussa le met en scène, le déclenche, l'anime, le traduit. On va traverser, partager, les régions si nombreuses de ces quelques destins, si quiets en apparence et dont elle fait jaillir la rumeur et les dramaturgies. Tous les documents sont authentiques, tous émanent d'une famille qui vivait à Castille, au XIX<sup>e</sup> siècle. D'un monceau de lettres, de journaux intimes, Simone Benmussa extrait cet oratorio. Elle réintègre seulement ces existences bannies dans le siècle qui les évinçait. Ou, mieux, elle réintègre le siècle dans ce qu'il refoulait. Sont préservées ici, les suspensions, les lacunes, les interstices d'un texte minutieux comme ces vies captées dans leur effacement même, dans leur si longue, si lente disparition. De salle en salle... »
Viviane Forrester.