L'Asie orientale du milieu du 19e siècle à nos jours

Quelques-unes des clés essentielles pour comprendre
l'Asie orientale d'aujourd'hui se trouvent dans son passé,
et notamment son passé le plus proche. En un siècle et
demi, la Chine, le Japon, la Corée et les pays de la péninsule
indochinoise, ont connu la dominiation étrangère sous des
formes et à des degrés divers, les révolutions et les conflits
internes, les luttes émancipatrices. Tour à tour, et parfois en
même temps, objets de convoitises, conquérants, victimes
et acteurs de la guerre froide, partie prenante enfin des
grands bouleversements économiques mondiaux, ces États,
que réunit et oppose à la fois un nationalisme plus vivace
que jamais, ont ainsi traversé 150 ans de violences et de
développement, de désastre et de richesse naissante ou
triomphante.
Ils nous confrontent à quelques-unes des grandes
interrogations de ce début de XXI<sup>e</sup> siècle. La survie, en Chine,
du dernier grand régime socialiste de la planète, n'est pas la
moindre : elle prend visage d'énigme si l'on entend ignorer
l'évolution propre de la société chinoise, de la chute de l'empire
à la disparition de Deng Xiaoping. De même pour ces points
de tension que sont les Corées, la péninsule indochinoise ou
le détroit de Taiwan : comment les comprendre sans prendre
en compte les tenants et aboutissants de la Guerre de 1950,
de la chute du Guomindang, des guerres d'Indochine ou du
Viêt-nam ? Et dans un autre ordre d'idées, comment éclairer
les fluctuations de l'économie japonaise et les déchirures
de la société nippone, si on ne les rapporte pas à une plus
longue durée ? S'il est une zone du globe où par excellence,
le présent éclaire le passé, c'est bien l'Asie orientale. Mais
l'inverse est plus que jamais vérifié.