Le tapis rouge : histoires de Bangalore

«Qui est-ce ?» Une voix indolente de femme vint du palier
en haut de l'escalier tournant et Rangappa leva les yeux.
Sidéré, il contempla l'apparition un bref instant et, gêné,
fixa vite le sol du hall... Cette fille menue, pas plus âgée
sûrement que sa soeur, était quasiment nue : elle n'avait
rien d'autre sur elle qu'un maillot d'homme et un short
qui laissaient voir une bonne partie de ses jambes, la
totalité de ses bras et plus qu'un peu de sa poitrine... La
voix ajouta : «Quelqu'un pour la place de chauffeur ? Je
descends tout de suite.»
À Bangalore, la «Silicon Valley» de l'Inde, on assiste au
quotidien à la rencontre entre une extrême modernité
et les vieilles traditions. En minijupe, le nombril à l'air, les
jeunes filles écoutent Eminem, boivent sec et gagnent vite
et bien beaucoup d'argent, l'oeil rivé à leur ordinateur.
Les hommes, fascinés, perplexes, les observent, comme
Rangappa, le pauvre chauffeur épouvanté par les tenues
sexy de sa jolie patronne. Ou Ramu qui n'a d'yeux que
pour la provocante Ashwini - mais laisse sa mère lui
chercher une fiancée «comme il faut».
Chacune des huit nouvelles qui composent Le tapis
rouge est un petit roman en soi, dont les personnages vont
nous émouvoir et nous surprendre.