Féminismes et pornographie

Objet de débats où la passion l'emporte bien souvent sur la raison, la
pornographie semble à première vue s'opposer au féminisme. Or, les
années 1980 voient éclore aux États-Unis un courant se définissant
comme «pro-sexe». Avec l'idée que la pornographie n'est pas
systématiquement condamnable, la question suivante s'impose : peut-on
parler de moyen d'émancipation ? La femme doit être libre de choisir
la sexualité qui lui convient. Les films pornographiques conçus par
des hommes et pour des hommes ne lui permettant pas d'obtenir une
satisfaction complète, des réalisatrices promeuvent une pornographie
alternative où le plaisir féminin est - enfin - mis en exergue. Et brisent
les standards pornographiques dominants !
Peu étudiées en France, les thèses défendues par les féministes prosexe
n'ont encore que peu d'échos au sein du grand public. Basé
notamment sur une dizaine d'entretiens, ce travail cherche à élucider
en quoi le féminisme peut se reconnaître dans la pornographie. Et
inversement.
Après avoir obtenu une licence d'allemand et une fois son diplôme
de Sciences Po en poche, David Courbet poursuit des études en
journalisme. Curieux et voulant briser les tabous, le jeune homme de 24
ans s'est penché sur la délicate question de la pornographie. Car le cul,
c'est aussi sérieux !