Hippomanie

Hippomanie
Éditeur: Favre
2011687 pagesISBN 9782828911836
Format: BrochéLangue : Français

Médecins et vétérinaires sont du même avis : non, ce n'est pas une maladie

grave, mais le problème est qu'on ne sait pas la soigner. L'hippomanie fait partie de

ces quelques maladies rares, dites orphelines, qui, touchant peu de gens, ont été très

peu étudiées. L'objet de ce livre est de combler cette lacune, et de faire le point sur

l'état des connaissances en la matière. Nul n'était mieux placé pour réaliser ce travail

salutaire que Jean-Louis Gouraud, qui en est atteint depuis sa plus tendre enfance.

L'hippomanie - autrement dit l'amour du cheval - est une

affection (c'est le cas de le dire) qui consiste principalement

à rechercher en permanence, et de façon quasi obsessionnelle,

la compagnie des chevaux, à éprouver le besoin viscéral de les

sentir, les toucher, les fréquenter. Dans sa forme la plus grave,

elle amène celui qui en est atteint à voir des chevaux partout.

Et même, lorsqu'il n'y en a pas, à en inventer, en rêver : le cheval

est leur fantasme.

Parfois, c'est vrai, le cheval rend fou. L'exemple le plus célèbre est celui

de Nietzsche qui, en janvier 1889, alors qu'il se promenait tranquillement à Turin,

assista à une scène somme toute assez banale : un cocher rossant son cheval pour

le faire avancer. Nietzsche, alors, ne supporte pas le spectacle : il pète les plombs,

se rue sur le cocher, l'invective, avant de sombrer dans une démence profonde. Il en

perd la parole, et meurt peu après.

La psychanalyse s'est penchée à diverses reprises sur le phénomène. Tous les

freudiens connaissent le cas du petit Hans (4 ans et 9 mois) auquel la vue d'un cheval

donnait l'irrésistible envie - c'est du moins ce que Freud insinue - de jouer à touche-pipi.

Rassurons-nous, rien de tel chez Gouraud, dont la compulsivité hippomaniaque

se manifeste tout autrement : par une boulimie de voyages, à la recherche des

cultures et civilisations équestres ; par une frénésie de découvertes et d'études sur

la présence du cheval dans la politique, les arts, la poésie, les religions ; par une production

littéraire proliférante et multiforme, enfin.

Non content de remplir en effet les bibliothèques de ses semblables, Jean-Louis

Gouraud a également envahi la presse écrite, publiant ici ou là d'innombrables billets,

chroniques, enquêtes ou reportages dont on trouvera ici le meilleur (et le pire).

Ces propos cavaliers, ces récits hippiques, ces préfaces et postfaces, ces petits

textes, Gouraud aime les désigner sous le nom de texticules - de cheval, évidemment.

(Freud, après tout, n'a peut-être pas toujours tort.)

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