Femmes photographes : émancipation et performance (1850-1940)

Femmes photographes : émancipation et performance (1850-1940)

Femmes photographes : émancipation et performance (1850-1940)
Éditeur: Hazan
2009303 pagesISBN 9782754103473
Langue : Français

Le XIX<sup>e</sup> siècle et le début du XX<sup>e</sup> siècle donnèrent

lieu à une belle rencontre : celle d'un nouveau médium,

la photographie, avec les femmes. Le premier peinait

à accéder au statut d'art, réservé à la peinture.

Les secondes étaient exclues de la sphère intellectuelle

et artistique. Leur alliance mit à jour des expériences

incroyablement fertiles, préfigurant nombre de pratiques

des années 1970, de la performance au body art.

Ce livre retrace l'histoire de ce trajet commun, à travers

douze aventures singulières : Julia Margaret Cameron,

Madame Yevonde, Iady Clementina Hawarden.

Hannah Cullwick, Virginia Oldoini (comtesse de

Castiglione), Anne Brigman, Alice Austen, Claude Cahun,

Gertrud Amdt, Hannah Höch, Tina Modotti et

Leni Riefenstahl. Toutes se sont approchées, dans des

conditions historiques peu favorables, de refoulements

caractéristiques du monde occidental, particulièrement

ceux qui concernent le corps et le geste.

Souvent au prix de grandes difficultés, elles ont tenté

de s'approprier deux territoires dont elles étaient

bannies : la corporéité, et l'action.

Et si, nous demande l'auteur, la relégation dont elles

étaient l'objet n'avait pas aussi servi les femmes,

en les affranchissant des questions théoriques, auxquelles

elles n'étaient de toute façon pas conviées, les laissant

ainsi libres d'explorer leur propre identité, l'identité

du corps ? Et si, ajoute-t-elle, la photographie s'avérait

l'instrument idéal pour entrer dans l'action, et produire

des images qui sont autant de traces crédibles du rêve ?

Des dignes dames victoriennes (Cameron, Hawarden)

à la pauvre servante (Cullwick), des engagements

de Modotti à ceux de Riefenstahl, des frasques de

la Castiglione à la discrétion de Höch, du lesbianisme

revendiqué de Cahun au «naturisme» de Brigman,

des déguisements d'Arndt à ceux d'Austen, et jusqu'à

la causticité de Yevonde, il y a mille façons de raconter,

de mettre en jeu le corps, parfois opposées.

La photographie, ouverte à l'exhibitionnisme,

au narcissisme, au voyeurisme, au fétichisme, s'offre

à tous les travestissements identitaires, à toutes

les recherches d'une identité sexuelle, de reconstruction

du réel, et au militantisme.

Les images de ces pionnières dévoilent leur courage

et leur liberté, souvent aussi leur humour.

Largement méconnues, elles rendent compte d'un travail

trop longtemps dédaigné.

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