Confession sans concession : parcours d'un journaliste et réalisateur slovaque

Réalisateur dans les années 60 à la télévision tchécoslovaque
à Bratislava, les films d'Ernest Strednansky furent
portés au pinacle pour ses montages dramatiques.
C'est en 1968, suite au Printemps de Prague, que la rupture
brutale et totale de sa vie survient. Lors de l'invasion des chars
soviétiques en Tchécoslovaquie, une voix anonyme lui enjoint
au téléphone de quitter son pays. En effet, non-partisan du
régime communiste et actif dans les médias, il devient un individu
indésirable. La confrontation avec cette réalité est déchirante.
Il part brusquement avec sa famille et sans rien emporter.
Ejecté ainsi hors des frontières de son pays natal occupé, ce
personnage en pleine carrière prometteuse n'est plus rien.
Dans le présent ouvrage, Strednansky relate son arrivée et
son exil aux États-Unis. Choqué et confronté au capitalisme du
monde libre, il décrit ses difficultés, ses aventures souvent
pénibles, parfois cocasses, son isolement culturel et linguistique,
les humiliations subies et son ascension sociale lente et
ardue. Déchiré entre les deux mondes et porté par le seul espoir
de son amour platonique resté dans sa patrie, il parviendra du
statut de chômeur et au fil de son labeur à satisfaire sa passion
de la mise en scène. Il finira par être couronné de l'Emmy
Award.
Cette narration sans complaisance et pleine de franchise
d'un parcours initiatique à la recherche de la liberté a valeur de
reportage. Il méritait d'être traduit, d'autant plus qu'il touche
une période de l'histoire récente et concerne la Slovaquie, un
pays mal connu malgré son appartenance à l'Union européenne.