Etudes historiques sur le Rouergue. Vol. 2

«La noblesse de la Sénéchaussée de Rodez, qui se glorifie d'avoir
en Henri IV pour un de ses comtes, charge principalement son
député de présenter au digne successeur de ce bon Roi et à la
Reine l'hommage des sentiments d'amour et de fidélité, de dévouement
et de respect dont elle est pénétrée et dont elle a toujours
donné et ne cessera jamais de donner des preuves ; éloignée de
la Cour, placée dans un coin presque ignoré du royaume, connue
par sa franchise, elle n'a point appris l'art de dissimuler, si funeste
aux Rois.
«Le député demandera qu'à l'avenir la noblesse ait une députation
aux États généraux double de celle du clergé, et il se plaindra
de ce que la Sénéchaussée de Rodez a été jointe au Bailliage de
Millau et n'a pas obtenu deux députations que sa population
exigeait.
«On demandera le rétablissement d'une troisième Sénéchaussée
dans le pays de Rouergue et dans la ville de Millau, en formant
dans les trois Sénéchaussées des arrondissements proportionnés
dans leur étendue respective.
«On demandera, en faveur des habitants des campagnes, l'abolition
du commun de paix établi par les États particuliers du
Rouergue pour fournir aux gardiens de la sûreté publique, devenu
sans but depuis l'établissement des maréchaussées, du plus petit
produit pour le Roi, et du plus grand tracas pour le peuple, et
l'établissement de maréchaussées à pied à cause de l'insuffisance
de la maréchaussée à cheval pour le maintien de la sûreté publique.
«Notre député demandera que le Languedoc soit tenu de restituer
à la province de Rouergue la portion de l'impôt de la vente du sel
qu'il a ci-devant indûment perçue, et que dans le cas où cet impôt
1789. - Convocation des États généraux à Versailles.