Vaincre la douleur : la souffrance n'est pas toujours une fatalité

Une névralgie faciale, on n'en meurt pas ; mais elle
peut vous gâcher la vie et vous amener à la dépression. Un
cancer en phase terminale, on en meurt ; mais est-ce une
raison pour finir ses jours dans des souffrances intolérables ?
Directeur du service de médecine de la douleur et de médecine
palliative à l'hôpital Lariboisière et fondateur de Douleurs
sans frontières, le Dr Alain Serrie se bat depuis des années
pour que l'on considère , enfin, ce qu'endurent des millions
de personnes en proie à diverses affections - lombalgies,
arthroses, migraines et autres - qui génèrent fatigue, découragement,
débâcles professionnelles et familiales. Trop
longtemps, la médecine a négligé cet aspect de son exercice.
Or, si l'on ne peut pas supprimer toutes les douleurs, on
doit les prendre en charge, et l'on peut souvent les soulager.
Avec des médicaments, anciens et nouveaux, correctement
dosés. Avec des techniques spécifiques voire des actes
chirurgicaux et aussi, avec une approche psychologique
adéquate ! D'où la nécessité d'une formation des médecins
dans ce domaine, et d'un changement dans les mentalités.
«Aucune douleur n'est médicalement correcte», affirme
Alain Serrie. Lutter contre ce fléau, c'est rendre sa dignité à
l'être humain.