La vague rouge : roman de moeurs révolutionnaires

La Vague rouge ?
Ce titre ne vous dit rien ? Pourtant, vous
connaissez tous son auteur Rosny Aîné grâce au succès
planétaire de son roman préhistorique La Guerre du feu qui a,
malheureusement, occulté le reste de son oeuvre.
Et c'est un de ses nombreux romans sociaux, mais sans
doute le meilleur, jamais réédité depuis 1910, que les «Amis
du Vieux Nérac / Éditions d'Albret» ont voulu (re)faire
connaître tant pour la forme si particulière, qui mêle le style
réaliste, naturaliste et épique, que pour le fond, mettant en
scène l'opposition entre les «Jaunes» et les syndicalistes
«rouges».
Transposées à Gentilly, les sanglantes grèves de Draveil-Vigneux
de 1908 ont inspiré Rosny, comme le contexte historique
pouvait inspirer Zola dans Germinal ou L'Assommoir.
À travers l'impossible histoire d'amour de Christine, la belle
ouvrière conservatrice, et de François Rougemont, le meneur
révolutionnaire, le lecteur est alors plongé au coeur des luttes
sociales, à l'époque où l'anarcho-syndicalisme était en plein
essor quand le Néracais Victor Griffuelhes tenait les rênes de
la CGT.
Ce roman, aux facettes multiples (syndicalisme, moeurs
révolutionnaires, mais aussi antimilitarisme...), pose de nombreuses
questions essentielles et constitue une fresque puissante
d'un moment de l'histoire de France un peu oublié : les
très chaudes dernières années de la «Belle Époque».