Renaissance de la géométrie non euclidienne entre 1860 et 1900

La découverte de la géométrie non euclidienne par Gauss, Bolyai
et Lobatchevski, entre 1820 et 1830, est passée sur le moment
presque inaperçue. Il faudra attendre la publication de la correspondance
de Gauss et Schumacher, à partir de 1860, pour qu'un
nouvel intérêt pour ce sujet se manifeste. Celle-ci révèle en effet
le crédit accordé par le prince des mathématiciens à la géométrie
non euclidienne et aux travaux de Lobatchevski. C'est le début
d'une renaissance de cette discipline. De nouvelles recherches
mathématiques sont effectuées ; en même temps s'engagent les
premières discussions épistémologiques. Elles se poursuivront
jusque vers 1900, date à laquelle on peut considérer que la géométrie
non euclidienne est largement acceptée par la communauté
scientifique.
Ce phénomène de renaissance, régulièrement mentionné par les
historiens, n'avait jusqu'à maintenant pas fait l'objet d'une étude
propre ; le but de ce livre est donc de combler une lacune. Il présente
et commente un vaste éventail de textes aussi bien mathématiques
qu'épistémologiques. Certains d'entre eux sont extraits
de correspondances inédites ou d'ouvrages peu connus et difficilement
accessibles. Une place particulière est réservée à la
réception de la géométrie non euclidienne par les contemporains.