Habiter, le propre de l'humain : villes, territoires, philosophie

Au-delà de son acception triviale - se loger, résider à telle adresse
ou dans tel quartier -, le terme «habiter» renvoie au rapport que
l'homme entretient avec les lieux de son existence, mais aussi à
la relation, sans cesse renouvelée, qu'il établit avec l'écoumène, cette
demeure terrestre de l'être. «Habiter» entremêle le temps et l'espace, et
l'explorer revient à questionner l'histoire et la géographie d'une manière
anthropologique en sachant que l'humain est un être parlant et fabriquant.
Les auteurs de cet ouvrage confrontent ainsi les apports de différentes
disciplines (architecture, sociologie, géographie, urbanisme, ethnologie,
philosophie...) à la compréhension de «habiter» et de l'«habiter». Ils
témoignent de la très riche polysémie de ce verbe, source de débats
contradictoires aux implications tant théoriques que pratiques.
En effet, si «habiter» est le propre de l'homme, alors pourquoi
accepte-t-il trop souvent l'inhabitable ? Que signifie l'habitabilité de la
Terre ? En quoi l'architecture et l'urbanisme contribuent-ils, ou non, à la
rendre habitable ? Comment la qualité d'un lieu conforte-t-elle la beauté
de l'existence ? Répondre à ces questions revient à analyser les tensions
qui se manifestent entre l'homme, la technique et la nature et aussi les
représentations qui en découlent. À l'heure de l'urbanisation planétaire,
de la généralisation des réseaux techniques de communication et d'une
certaine homogénéisation des rapports homme/nature, il est essentiel de
penser ce qu'«habiter» veut dire.