Genèse du Liban moderne : 1711-1864 : aux origines du confessionnalisme

Objet de nombreux stéréotypes, le Liban reste mal connu
et mal compris. A commencer par son confessionnalisme
qui fait de ce petit Etat une des grandes curiosités politiques
contemporaines. Condition indispensable au maintien
d'un équilibre communautaire pour les uns, il représente le
principal obstacle à l'émergence d'une véritable citoyenneté
commune pour les autres. Ce principe fondateur de la
République libanaise est désormais ancré dans l'inconscient
collectif comme s'il avait toujours été et devait toujours
être.
Pourtant, ce n'est qu'au tournant du XVIII<sup>e</sup> siècle qu'apparaissent les
premiers signes de cette polarisation religieuse. Un phénomène qui ne cessera de
s'accentuer dans les décennies suivantes au gré des bouleversements politiques
et économiques, des évolutions démographiques et des ingérences européennes
dans les affaires d'un pouvoir ottoman en plein doute. Une longue période de
troubles qui culminera en 1860 avec les pires massacres interconfessionnels que
l'Empire ait connu jusqu'alors. Un traumatisme au lendemain duquel s'imposa le
principe, toujours en vigueur, d'une répartition proportionnelle du pouvoir entre
les communautés en fonction du poids démographique de chacune d'elles.
C'est en plongeant ainsi, de 1711 à 1864, aux origines de ce système
confessionnel, que l'on peut espérer dépasser un jour les divisions qui minent
aujourd'hui tragiquement la société libanaise et l'ensemble du Moyen-Orient.