Nihilisme et philosophie de la vie : une étrange connivence dans l'oeuvre de Michel Henry

La philosophie de Michel Henry doit constamment faire face à un paradoxe, elle se présente comme une philosophie de la vie tout en considérant que, en ce qui concerne la vie, « la philosophie vient toujours trop tard ». Henry est le premier à reconnaître à ce sujet des « difficultés extraordinaires » mais, bien qu'elles questionnent l'essence même de son projet philosophique, ces difficultés sont simplement esquivées ou le moment d'y répondre remis à plus tard ; « si toutefois il y a une
réponse », comme il semble parfois lui-même en douter.
À partir d'une relecture systématique de son oeuvre, l'étude proposée ici révèle pourtant que le seul respect des prescriptions de la philosophie henrienne impose une réponse, une réponse dont Henry était conscient mais qu'il a préféré ne jamais assumer. La présentation de cette réponse suffira à dire pourquoi.