Les français populaires africains : franco-véhiculaire, franco-bâtard, franco-africain

Malgré de nombreux travaux dans des domaines divers de la
dialectologie, la sociolinguistique, la lexicologie, la linguistique
française, la didactique, la créolistique, etc., le français populaire traîne
le poids d'une culpabilité épistémologique car il est évanescent, instable
et variable à souhait. Faire un état des savoirs en terrain africain est un
enjeu historique, géographique, intellectuel et théorique, depuis son
avènement, empreint d'idéologies coloniale et postcoloniale, jusqu'à
son encensement dans les réseaux urbains africains, gage d'une pleine
légitimité linguistique et identitaire.
Les français populaires africains se systémisent sous des formes
diverses (franco-véhiculaires, franc-bâtards et franco-africains) et
se fonctionnalisent dans des contextualités sociolinguistiques et
sociopolitiques de véhicularité sinon de vernacularité, de compétitivité
linguistique et de cristallisation identitaire. Des enquêtes, des données,
des corpus ont caractérisé, nommé, frontiérisé, typologisé et dévoilé
en dernière instance des modèles et des scénarios d'évolution. La prise
de conscience de ces variétés particulières dans le continuum africain
de la francophonie a conduit à des prédictibilités sur les plans des
politiques linguistiques et éducatives. Les politiques publiques jouent
un rôle indéniable dans l'émergence des français populaires africains.