Brigitte Bardot : à la rencontre de B.B.

Privée de repères, cette petite fille, devenue femme
avant même d'avoir pu jouir des privilèges de
l'adolescence, a survécu grâce à ses repaires : La Paul
Doumer, Bazoches, et surtout La Madrague. Des
tanières où elle vécut en recluse, où elle pansa les
blessures de l'enfance, abrita ses furtives amours, et mit
au monde son unique enfant.
Les hommes ne lui ont jamais apporté ce qu'elle en
attendait : une épaule solide, l'apaisement de ses
angoisses, la certitude qu'elle n'était pas aussi "moche"
qu'elle le pensait... Certains ont été des jalons. D'autres
furent relégués au rang d'hommes de compagnie.
D'autres encore furent des crampons, des papillons de nuit attirés par sa
lumière.
Le cinéma fut à la fois le calvaire et le tremplin de B.B. Il lui fallut du temps
et du recul pour réaliser que, sans cette gloire factice, cette image dont elle fut
la prisonnière et l'esclave, elle n'aurait pu mener ce combat qui est devenu
son absolue priorité. Ces mots qu'elle exprime brutalement, sans tricher, font
scandale. Qu'importe s'ils entraînent des dommages collatéraux, B.B. ne veut
rien cacher de ses états d'âme.
Au-delà du bien et du mal, Brigitte Bardot assène ses vérités comme autant
de flèches du Parthe. Pas de pitié pour les "vilains", ceux qui n'ont su ni
l'aimer, ni partager ses combats.
Brigitte n'est pas une femme aigrie : c'est une guerrière, une femme
courageuse qui a ouvert la boîte de Pandore, à ses risques et périls. Accablée
par tous les maux de l'humanité qui s'en sont échappés, elle a trouvé au fond,
tout au fond, cette petite parcelle d'espoir. Un espoir de justice et de
compassion qui l'a amenée à se pencher sur tous les êtres en souffrance : les
animaux, bien sûr, mais aussi les vieilles dames qu'elle a chéries et les êtres
qui l'ont émue et qu'elle a réconfortés tout au long de sa vie.
Oui, Brigitte Bardot est avant tout, une femme vraie et généreuse et si,
parfois, ses opinions dérangent, elles ne sont dictées ni par une politique
politicienne, ni par un désir d'endoctrinement. Ce sont les siennes... et elle
les partage, au nez et à la barbe de ceux qui n'ont jamais voulu voir en elle
qu'une icône.