Polymères

L'île de Laysan, au nord d'Hawaï, est outrageusement menacée : les bancs et les rivages ne reflètent plus que le plastique charrié par l'océan. Les albatros de cet atoll disparaissent à petit feu, contraints d'ingurgiter nos déchets en exil, s'étouffant, s'empoisonnant, pourrissant à coeur ouvert. Ce poème capture le drame qui se joue là-bas, en sourdine, loin de l'indolence de nos quotidiens. Il dit le mutisme qui règne sur ce sable et cette enclave assiégée. Il chante l'infini de l'horizon qui entoure ce minuscule atoll, privé d'ailleurs, peuplé d'êtres déchus et fantomatiques. Chaque page y devient une île, chaque strophe une vague qui vient s'y frotter, s'y écraser pour mieux vous emporter. La poésie se fait écume toxique de notre vie moderne.
Voici le pâle requiem d'un biotope en voie d'extinction.