Les chemins qui vont à la mer : des territoires de l'air pur aux paysages du dedans

Ce n'est pas un guide touristique sur une région de Grèce, ni
une de ces relations de voyage si prisées par nos arrière-grands-parents,
même si ce livre se veut aussi comme un hommage à une
terre bien-aimée.
L'auteur vit partagé entre la France et la Thessalie ; ce livre est
né de cet écartèlement : d'un côté, le pays qu'il a choisi, l'été, la
lumière ; de l'autre, celui où il doit être, l'hiver et cette sensation de
pesanteur, d'accablement qui prend à la fin des journées inutiles ;
avec, en arrière-plan, cette démission si palpable de la pensée libre
et rebelle.
Ainsi, le recueil se compose naturellement d'une première
partie consacrée à l'exaltation de la lumière sur le golfe de Volos,
à l'onction lente et douce des paysages et des hommes tout
occupés de paix, au désir fou de fusion dans la vibration
lumineuse.
La deuxième partie, c'est l'obligation de partir et l'attente du
retour, le temps de l'exil, du souvenir et de la nostalgie, le temps
du paradis perdu, de cet espace de sérénité qu'il évoquait à la fin
de son précédent recueil : Arborescences. C'est aussi le temps du
refus ; le refus de l'hiver comme le gel de l'héritage humaniste de
la Grèce de Périclès.
Ainsi, plus que suite chronologique, le livre s'est construit
ultérieurement sur l'idée très générale de la nécessaire reconquête
du bonheur ; et l'opposition de la lumière de l'été à la nuit de
l'hiver s'est imposée comme une métaphore de la liberté menacée
ici ou là, mais toujours si sensible aux bords du golfe dans l'art de
vivre et la nudité sensuelle même des paysages.