La cité qui tourne : poèmes

L'âme de la France, nation de moralistes, tresaille
toujours au seul énoncé de ces deux mots : le Roi.
L'âme de la France ! Lieu déserté dont deux orgueils
irréductibles se sont fait un insolent domicile : l'orgueil
du Crime et celui de l'Erreur. Ils ont pu s'y entrelacer à
loisir, jusqu'à constituer un noeud inextricable : le
noeud gordien.
Opportunément divinisé, c'est à ce phénomène
que vole la louange, afflue le pèlerinage, court le
prosternement.
Qui saura rompre le maléfice de la Cité ? L'homme
qui chante.
Il y a longtemps que le Roi et le Poète se sont chez
nous liés d'amitié.
L'Histoire en montre la raison.
Le Trône dispensait à la Lyre le spectacle de
l'Harmonie sous le plus beau ciel du monde, la Lyre
offrait au Trône le jeu le plus savant de l'esprit dans
la plus belle des langues.
Alliance des deux sacres. Homogénéité de deux
royaumes. Pas un poète de nos Pays divers qui ne
porte le sceau de ce signe géminé.
Telle la preuve de fidélité dont j'aurais voulu faire
hommage à la Maison de France, et tel le service que
j'aimerais rendre à la Personne de la Patrie envoûtée.