Le geste d'achat

Au siècle de l'exception culturelle, et alors que d'aucuns
scandent que la culture n'est pas un produit, il ne semble
pourtant pas tout à fait permis au livre de ne pas être immédiatement
identifiable (à des fins d'adéquation à la cible et de
bonne gestion du stock).
Il en va de même pour les artistes
dès qu'ils s'aventurent à traverser les
genres. Ne pas se conformer à la science
du marché, leur dit-on, risque fort de
«suspendre le geste d'achat» - ce qui
représente le cauchemar absolu de
l'hypermodernité.
Nous passons en effet d'une société de consommation à une
société d'achat continu, où tout sera toujours mieux organisé
en fonction d'un idéal ultime : que tout un chacun puisse
acheter une infinité de choses en même temps, sans arrêt,
sans (presque) s'en apercevoir. Au moins n'achètera-t-on pas
ce Geste d'achat dans un sac.
Stefan Liberski, romancier, acteur, réalisateur, hdT*, pamphlétaire
et tête de mule, a rassemblé dans ces «gestes» libres
quelques uns de ses talents réputés inconciliables. Le lecteur
y trouvera donc des nouvelles, des chroniques, des petits
essais, des textes sur l'art ,... autant d'éléments qui permettent
enfin, en une bonne et simple fois, de manière certaine,
définie et caractérisée, d'aborder plusieurs aspects de l'oeuvre
de l'auteur de G.S., écrivain tout simplement.
L'homme est-il un autre dans chacune de ses pratiques ?
À vérifier, donc. Et que nous dit-il ?
« Le temps est lourd. Restons léger. »
* homme de télévision