Un hiver. Un ivèrn

Il semblait que la mer, cet après-midi, craquait encore
du froid de la nuit. Les vagues parlaient, d'une voix
claire et simple, comme si de rien n'était par ailleurs. Là
où, à ce qu'on dirait, elles se plaisent, avec leurs écumes
allongées, frisées, nous nous trouvâmes par hasard à nous
baigner...
Dans l'hiver glacial d'une plage atlantique, deux personnages
se trouvent, se fuient, partageant de leurs corps
l'épreuve des éléments : la neige et le sable, la pluie et
le feu, la lumière et la nuit. Aux marges du monde des
hommes, ils côtoient les bêtes de la lande, braconnent,
sont traqués à leur tour ; avec autour d'eux, continûment,
«le grand cri hilare de la mer.»
Ce récit en prose à l'écriture lisse, aux phrases brèves,
d'une grande intensité poétique, Gilbert Tiberghien et
le musicien J.Cl. Audouin ont tenu la gageure de le mettre
en scène. C'est le texte tel qu'ils l'ont donné à entendre
que l'on trouvera ici, suivi du texte original occitan.