Bingo. Les hernies

Une porte claque : Teresa vient d'être
abandonnée. Ce coup provoque chez
elle une stupeur métaphysique qui
l'anéantit et la précipite dans un vertigineux
périple mental et onirique.
Plein d'ironie mélancolique, mi-érudit
mi-sauvage, Bingo souligne la dimension
tragi-comique du destin, sans
toutefois bannir la chance, qui surgit
dans une fin d'une beauté chaplinesque.
Comment tromper l'ennui et donner
un sens à sa vie ? Telle est la question
qui taraude Mimi et Luciano, deux
Argentins qui enseignent l'espagnol à
de puissants Parisiens en quête de
profit sur les terres sud-américaines.
La solution ? Un hold-up de grande
ampleur afin de punir la cupidité
ambiante. Le moyen ? Des ondes
neuro-linguistiques ? Pas de trace
donc pas de preuve et un seul témoin,
tout à fait inoffensif : le poulet Chiquitín.
Dans un récit qui mêle absurde
et cynisme, Tabarovsky déploie une
virtuosité et un art maîtrisé de la
digression. Entre conte social et satire
politique, Les Hernies pointe la radicalité
du banal.