Le chien du Seigneur

Nouvel embauché dans une grande usine, Albert Moel
s'attire la méfiance de ses collègues par son silence et
ses regards scrutateurs. Serait-il un espion à la solde du
patron ? Il est vite obligé de dévoiler sa véritable identité :
il est prêtre, envoyé au sein des ouvriers pour convertir les
brebis égarées. Dans un environnement inhumain où la
machine prime sur l'homme, le père Moel devra apprendre
à lutter contre le dogmatisme, l'ignorance et... l'amour.
Dans ce roman inspiré par la généreuse expérience des
prêtres-ouvriers, Jean Anglade prouve une nouvelle fois
qu'il est un écrivain inclassable, qui s'inscrit au tout premier
rang des romanciers français contemporains.
«Les formidables pulsations de l'usine rejettent
toutes les huit heures son contenu d'humanité.»
Montre tes mains, ordonne-t-il tout à coup... C'est bien ce
que je pensais : un intellectuel. Monsieur est peut-être un
artiste ?
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Vous vous trompez.
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Le métier nourrit donc plus son homme ? C'est bon.
Tu veux une place de manoeuvre ? On va t'en donner
une, mon gars. Tiens : voici tes papiers. Présente-toi
demain au magasin du noir. Une bonne petite planque,
tu verras : tu m'en diras des nouvelles.