Homme et la société (L'), n° 193-194. Les mille peaux du capitalisme I

Le capitalisme actuel paraît avoir perdu la lisibilité
qui semblait le caractériser durant la période
précédente au profit d'une diversité de configurations
et de pratiques rassemblées derrière les termes de
postfordisme, postindustrialisme ou de postmodernité.
Ce «post» fonderait la prophétie d'une économie
nouvelle (autoentrepreneuriat, travail à domicile,
développement durable, responsabilité sociale des
entreprises, etc.), dont l'originalité reste à interroger. Il
recouvre une dimension de mise au passé , permettant
de ne pas tenir compte de réalisations parfois anciennes
dans ces domaines présentés comme neufs. Mais, au
prix d'un enterrement de l'idée même de progrès,
l'enjeu de ce phénomène est bien la perpétuation du
capitalisme, qui, tel de nombreuses espèces animales,
mue par renouvellement de son apparence externe et
abandon de l'une de ses mille peaux.