La station Champbaudet

Paul Tacarel est un architecte qui a jugé judicieux de
prendre pour cliente une jeune veuve, Mme Champbaudet,
qui présente l'avantage d'être la voisine de sa maîtresse,
Aglaé, femme mariée à un employé du télégraphe...
La veuve a tôt fait de s'enticher du jeune homme, qui,
au prétexte de construire un mausolée funéraire à son
défunt époux, la visite avec assiduité. Tacarel ne fait que
patienter chez elle, attendant le signal de sa maîtresse
qui vit à l'étage au-dessus, pour la rejoindre, une fois
son mari parti... Cette visite quotidienne, c'est sa station,
«... la station Champbaudet... Dix minutes d'arrêt !», dit-il
ironiquement. Pour communiquer avec Aglaé, il souffle
dans une corne, sa maîtresse lui répond par des airs de
piano. Voilà qui suffit à déranger la vie de l'immeuble et
à créer un nombre faramineux de quiproquos...
Avec la Station Champbaudet , comédie-vaudeville jouissive,
Labiche n'est pas loin d'inventer le théâtre de l'absurde.
Sa lecture seule suffit à déclencher l'hilarité.