Vaclav Havel, président philosophe

Ce livre offre au lecteur plus que le portrait réduit à lui-même
d'un «héros pour notre temps» ; par un va-et-vient bien contrôlé,
il réussit à replacer l'écrivain dissident que fut et qu'est resté Václav
Havel dans la double lignée des fondateurs de l'identité tchèque et
des penseurs européens auxquels il doit le ton philosophique de la
majeure partie de son oeuvre écrite.
Mais c'est d'abord à un écrivain que l'on est confronté, qu'il soit
le dramaturge encore libre, le prisonnier politique cherchant son salut
dans l'écriture, ou enfin le représentant malgré lui d'un peuple en
voie de libération, projeté sans transition à la présidence de la
République. Et de bout en bout Václav Havel reste un écrivain dissident.
Dans le sillage de l'ouvrage de Geneviève Even-Granboulan,
nous pouvons écrire sur une même ligne les noms de Jan Hus, de
Comenius, de Masaryk, de Patocka et de Havel.
Paul Ricoeur