Jacques Lemaigre Dubreuil de Paris à Casablanca : vingt ans d'engagements (1935-1955)

En 1935, Jacques Lemaigre Dubreuil, patron des huiles
Lesieur, entre dans la vie publique française en prenant la
présidence de la très droitière Fédération des contribuables. Vingt
ans plus tard, son engagement en faveur de l'indépendance du
Maroc lui vaut d'être assassiné à Casablanca, le 11 juin 1955, par
des "contre-terroristes" français. Entre-temps, il a participé
activement à ce que le président Auriol appelait "la résistance
africaine" en préparant la voie aux débarquements alliés de
novembre 1942 et en jouant auprès du général Giraud le rôle de
conseiller politique.
En étudiant (notamment à partir des archives inédites de
Lemaigre Dubreuil) ces engagements successifs dont la cohérence
n'est pas évidente d'emblée, William Hoisington fait apparaître
un personnage attachant, un esprit libre et lucide qui en vient à
rompre in fine avec le milieu conservateur auquel il appartenait
politiquement et socialement, un homme qui, après avoir
vigoureusement combattu le Front populaire en 1936, met au
service de Pierre Mendès France et d'Edgar Faure, en 1955, sa
connaissance du dossier marocain.
Dans le même temps, l'auteur donne à voir de manière
concrète le climat politique et social tendu de la Troisième
République finissante, celui d'Alger dans la confusion qui
accompagne et suit les débarquements alliés et enfin celui de Paris
et du protectorat à la veille de l'indépendance du Maroc.