Les unions consensuelles chez les femmes africaines : entre coutumes matrimoniales et modernité : exemple du Cameroun

On parle d'union consensuelle quand la formation d'un couple ne
découle ni d'un mariage coutumier, ni d'un mariage civil, ni d'un
mariage religieux.
Les femmes Bamiléké-Bamounes et Beti-Bassa-Mbamoises
n'échappent pas à cette nouvelle réalité conjugale. Chez les
premières, les traditions demeurent contraignantes, la dot est
modeste, ce qui est favorable aux mariages. Les secondes
bénéficient d'une liberté dans le choix du conjoint, la pression en vue
du mariage est faible, ce qui est propice aux unions consensuelles.
En revanche, l'urbanisation, la scolarisation prolongée des
femmes et leur accès aux revenus vont impulser les unions
consensuelles chez les femmes Bamiléké-Bamounes et plutôt les
mariages chez les femmes Beti-Bassa-Mbamoises. Les premières,
instruites ou autonomes financièrement, craignent la domination
masculine, tandis que pour les secondes, où il y a un certain équilibre
hommes-femmes, c'est plutôt le manque de moyens qui conduit aux
unions consensuelles, avec la compensation matrimoniale élevée.