L'administration dans les processus de transition démocratique

L'administration publique constitue une variable majeure dans le
processus de transition des régimes autoritaires vers la démocratie ;
généralement négligé par les «spécialistes» des transitions, le devenir
des personnels et des structures administratives peut être a priori
considéré comme un enjeu essentiel pour le nouveau régime et
conditionner sa consolidation.
Le maintien en fonction de ceux qui ont servi les anciens maîtres
est-il acceptable ? Le schéma selon lequel était organisée l'administration
permet-il de réaliser les objectifs que s'assigne le gouvernement
démocratique ? La manière dont est résolu ce problème est
loin d'être uniforme ; les conditions historiques et internationales dans
lesquelles s'effectue le changement - table rase du passé ou
compromis politique - déterminent largement le choix en faveur de
l'épuration ou de la transformation en douceur de l'organisation administrative.
Qu'il s'agisse de la dénazification, plus tard de la décommunisation
en Allemagne - et aussi en République tchèque -, de l'épuration
lors de l'instauration de la République italienne, du statu quo
espagnol après la mort de Franco ou de la référence à un nouveau
modèle administratif en Afrique du Sud à partir de 1996, les voies
empruntées par les gouvernements revêtent des sens multiples. En
effet, l'examen des pratiques mises en oeuvre dans ces différents cas
met en évidence l'écart entre les rhétoriques de légitimation et
l'effectivité des transformations qui affectent l'administration.